Jean Birckel: Nous recevons Denis Peiffer, conseiller municipal de Sarreguemines, délégué à la vie associative. Il vient
d'intégrer le bureau de la fédération de Moselle du Parti Radical avec pour mission la création d'une section sur le secteur de Sarreguemines. Son lancement interviendra courant septembre. Denis
Peiffer, bonjour.
Denis Peiffer: Bonjour.
Une question pour éclairer nos téléspectateurs sur votre parcours en politique. Avant de rejoindre la liste de rassemblement de Céleste Lett en 2008, vous
aviez l'investiture socialiste. En 2009 alors que vous êtes élu, vous décidez de rejoindre le Parti Radical. Comment s'est effectué le passage d'une aile de l'échiquier politique à une
autre?
J'ai commencé très tôt à m'intéresser à la politique puisque j'ai
adhéré dans les années 1990 au Parti Socialiste. J'ai été d'ailleurs le candidat du Parti Socialiste en 1998 à l'occasion des élections cantonales, à l'époque face à Robert Pax, l'ancien maire de
Sarreguemines. J'ai ensuite été élu au conseil municipal à partir de 2001 jusqu'en 2008 où j'ai siégé sur les bancs de l'opposition. Depuis 2008, j'ai effectivement intégré la majorité de
rassemblement autour du député-maire Céleste Lett.
Je dirai que cette évolution s'est faite de manière assez facile. Lorsque j'étais membre du Parti Socialiste, je faisais déjà partie de l'aile centriste du parti. J'étais ce qu'on appelait un
Rocardien. Je résumerai cette aile centriste de deux manières: économiquement responsable et agissant socialement dans le sens de l'équité. C'est ce côté ci, cet aspect, que j'ai retrouvé au
niveau du Parti Radical.
Lorsque j'ai quitté le Parti Socialiste en 2007 pour rejoindre Céleste Lett, j'étais un peu orphelin d'une formation politique et je me suis tourné vers le Parti Radical. J'avais bien l'intention
d'adhérer à une formation du centre. Il y en avait plusieurs. J'ai fait un peu comme chaque citoyen peut le faire. Je suis allé sur Internet, j'ai consulté les divers sites, les divers blogs et
les diverses plate-formes politiques, et je me suis retrouvé dans les valeurs du Parti Radical. Ces valeurs tournent autour de trois thèmes importants qui sont ceux de la devise nationale
française: la liberté, l'égalité, la solidarité.
Vous l'avez dit, en 2009 j'intègre le Parti Radical en temps que simple militant. Le mois de juin dernier, les responsables mosellans du Parti Radical, je pense ici à Gérard Paciel, m'ont demandé
d'agir de manière plus active au niveau de Sarreguemines et de créer une section. C'est ce que j'envisage de faire au courant du mois de septembre, d'ici deux mois.
On va revenir au sujet de la création de cette section,j'aimerai juste apporter un éclairage au sujet du communiqué que vous avez fait. Vous dites que
"ce parti est porteur d'idées humanistes, laîques, économiquement responsables -vous l'avez dit- et socialement justes, auxquelles vous êtes attaché". Est-ce que vous pouvez
donner des exemples d'idées qui vous parlent très concrètement?
Je commencerai par le social. Je reprocherai quelque chose au Parti Socialiste et qu'il a pratiqué pendant très longtemps lorsqu'il était au pouvoir, c'était la politique de l'assistanat.
Or, de mon point de vue, la politique sociale que nous devons mener doit être une politique de responsabilisation. Nous devons responsabiliser les gens et nous devons leur redonner la dignité, et
redonner cette dignité par le travail.
Au niveau de Sarreguemines, des choses très concrètes se font
déjà dans ce domaine. Le centre communal d'action sociale a mis en place deux chantiers d'insertion. Ces deux chantiers d'insertion donnent du travail pour une cinquantaine de personnes qui
jusque là étaient écartées du travail. Et on a constaté qu'au niveau de l'attribution des aides sociales, le fait d'avoir remis le pied à l'étrier à ces cinquante personnes, fait
qu'elles ne sont plus demandeuses d'aide sociale sous forme de bons d'alimentation, d'aides au chauffage, à l'électricité ou autres. Pour moi, c'est quelque chose qui va dans le bon sens, et
je crois que c'est même quelque chose qui pourrait être généralisé au niveau d'une politique nationale. Je dis vraiment: non à l'assistanat, oui à la responsabilisation des personnes en leur
redonnant une dignité et une dignité par le travail.
Autre thème au niveau du Parti Radical et pour lequel Jean-Louis Borloo, qui en est le leader, défend âprement, est la politique énergétique de la France.
Aujourd'hui, 80% de l'électricité que nous utilisons, que nous produisons en France vient du nucléaire. C'est quelque chose qui n'est plus possible. Ceci dit, je ne suis pas utopiste non plus.
L'éolien et le photo-voltaïque ne pourront pas remplacer du jour au lendemain cette production électrique nucléaire.
Et nous nous sommes pour la diversification de notre approvisionnement, c'est à dire, bien entendu davantage d'énergie renouvelable. Je souligne que ce qui se passe du côté de Woelfling est
intéressant, la mise en place des éoliennes envisagées par la municipalité de Woelfling. Le projet de la communauté d'agglomération avec l'entreprise Néon, qui viserait à mettre en place une
ferme photo-voltaïque sur le site de l'ancienne décharge de Folpersviller, est quelque chose qui va dans le bon sens aussi. De la même manière, cela peut surprendre, la centrale qui va se faire
sur le site de Hambach, le combiné gaz, va aussi dans le bon sens de cette diversification de notre approvisionnement.
Le nucléaire, il faut en avoir. Il ne faut pas raconter des bobards aux Français. Il faut cette production d'énergie nucléaire, mais il faut au maximum diversifier cet approvisionnement.
Vous avez parlé de Jean-Louis Borloo, président du Parti Radical, une personnalité politique de premier plan. Il sera très vraisemblablement le candidat
centriste à l'élection présidentielle, bien qu'on est tenté de l'en dissuader, je pense notamment au Premier ministre François Fillon. Qu'est-ce que vous en pensez et que pensez vous de cette
candidature? Et surtout, quelles sont vos ambitions en créant une section sur le secteur de Sarreguemines?
Dans la relation qui unit un citoyen à un parti politique, il y a trois temps, trois moments.
Le premier moment est celui qui précède une élection. C'est le temps dans lequel nous sommes aujourd'hui. Le deuxième moment est celui de l'élection en elle-même. Et le troisième, est celui du
temps de l'action, une formation politique ayant gagné, prend les responsabilités, et mène une action gouvernementale.
Donc nous sommes dans cette première phase entre le citoyen et un parti politique. C'est le moment idéal pour nous de former une structure du Parti Radical sur le secteur de Sarreguemines. Que se
passe-t-il durant ce temps qui précède l'élection? Nous sommes maintenant à quelques mois d'une échéance capitale, l'élection présidentielle, et les partis politiques, tout partis politiques
confondus, sont en train de s'approprier la plupart des problèmes de société, de les observer, de les analyser et cherchent des solutions par rapport à ces différents problèmes. Nous sommes dans
une phase de réflexion.
Le Parti Radical est aujourd'hui entraîné dans cette phase de réflexion. Il faut évidemment discuter avec le plus de personnes possible. D'où la création d'une section sur le secteur de Bitche,
Sarreguemines, Sarralbe, peut-être même jusqu'à Forbach, puisque je dirai que de ce côté ci, il y a aussi un manque de présence politique du Parti Radical, afin d'animer et de renforcer cette
réflexion.
Ensuite, le parti politique, une fois qu'il s'est saisi des problèmes de société, va proposer ses solutions. C'est le temps de la campagne électorale. Mais je vais au-delà de cette campagne
électorale, bien en amont en fait, puisque des propositions nous en ferons bien avant le mois de mai 2012.
Il y a donc un temps d'analyse des problèmes, de la réflexion pour trouver des solutions, et le temps de la proposition aux Français. Les Français auront l'occasion de comparer les positions des
uns et des autres et de choisir ensuite en leur âme et conscience le chemin qu'ils souhaitent pour la France.
Dans ce cadre là, il me paraît tout à fait logique que la
sensibilité centriste soit présente au niveau de l'élection présidentielle. Je pense que pour nous, Parti radical, Jean-Louis Borloo étant notre candidat, il me paraît logique que
Jean-Louis Borloo puisse incarner cette candidature du centre.
Mais ceci dit, vous savez que le Parti Radical a commencé depuis le mois de juin à se fédérer à d'autres formations de droite et du centre: le Nouveau Centre d'Hervé Morin, la Gauche
moderne de monsieur Bockel. Cette fédération qui s'appelle l'Alliance républicaine, écologiste et sociale est quelque chose qui peut peser dans le cadre de l'élection présidentielle à
venir. Vraiment, il faut se saisir de l'élection présidentielle, du grand débat national de l'élection présidentielle, pour pouvoir avancer des propositions concrètes.
Et vous alors? Ici? Par la suite, vous ne pouvez pas dire actuellement...
J'appartiens à la majorité municipale autour de céleste Lett et je vais vous dire que j'y suis très bien.
Nous faisons des choses fantastiques au niveau de la ville de Sarreguemines.
Lorsque j'ai pris mes responsabilités au côté du député-maire,
j'ai veillé à avoir des représentations, des responsabilités dans divers domaines qui me permettent d'appréhender tous les moments de la vie. A titre d'exemples, je suis vice-président de
l'association des Petits Sarregueminois qui s'occupe des haltes-garderies et des gardes d'enfants. Je suis représentant de la ville à l'école maternelle et élémentaire de la Blies, je suis
secrétaire de l'association qui gère la maison de retraite Sainte-Marie, je suis membre du centre communal d'action sociale dont j'ai parlé tout à l'heure. Dans l'ensemble de ces instances là, je
porte déjà d'une certaine manière les valeurs auxquelles je suis attaché, de liberté, d'égalité, de solidarité, de responsabilité, de laïcité.
Je dirai que la municipalité qui agit aujourd'hui est une municipalité de rassemblement.
Il n'y a pas de raison, je le dit en toute honnêteté, il n'y a pas de raison de porter une voix différente dans les années à venir. Je dis juste: au niveau national, c'est là que le grand choix
de société va se faire, c'est l'élection présidentielle. Après, une majorité se dégagera, et par rapport à cette majorité, nous verrons comment les choses peuvent évoluer.
Mais sur la ville de Sarreguemines, je suis fidèle et je continuerai d'agir au côté de Céleste Lett.
Merci Denis Peiffer d'être venu sur ce plateau
Merci
Propos reccueillis par Jean Birckel pour MosaïkTV
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